salut a tous
je connais un peu l'effet du tramadol. ça m'a servit d'"antidépresseur" pendant plusieurs mois
chaque cas est différent. compliqué et/ou confus. pour ma part j'ai développé des inhibitions sociales suites a des échecs professionnelles (entre autres),
perte de confiance, des difficultés progressive a m'affirmer en société, jusqu'à un certain isolement.
j'ai prit du topalgic 150 mg, 2 fois pas jour (à peu près) plus du tranxène (des doses assez modérées) pendant 4 mois
le topalgic a eu un effet immédiat : plus d'angoisse, plus de fissure, plus de faille, plus de "trou"... le sentiment d'être remplit
du coup j'ai repris ma vie en main, ménage, activité physique, lecture etc.
par contre, le sevrage a été très dur (trop brutal sans doute) et a duré longtemps (perte de sommeil, mal-être etc.)...
j'en ai repris de temps en temps, et à chaque fois, c'est le même sentiment de délivrance, de bien-être et d'énergie.
on reprend des initiatives ( a condition d'être un peu discipliné/motivé, sinon on peut rester à "jouir" de ce bien être morphinique, c'est un peu le danger)
j'ai rien trouvé d'autres pour soulager mes angoisses, ma déprime : sortir d'une apathie généralisée... le topalgic m'a bien aidé, mais son accoutumance me semble assez terrible. enfin j'ai eu une mauvaise expérience de sevrage qui s'est étalé sur plusieurs mois et m'a pas mal dégouté.
ceci dit, le tramadol me "manque" en permanence, parfois je vais voir mon médecin qui jusqu'ici a été d'accord pour m'en prescire ponctuellement (100 mg par jour pendant 1 mois) mais en fait il m'en faut au moins 200 mg par jour pour que l'effet levier fonctionne sur le psychisme, sinon c'est le marasme permanent...
ça ne guérit pas, mais ça soulage. un pansement sur une "hémoragie"
maintenant, bien que je sois tout les jours tenté d'en reprendre... j'ai toujours cru que mes problèmes venaient d'un dysfonctionnement de ma psyché (je ne me trouve pas au point sur le plan cognitif, nerveux etc.)
ceci dit je me rend compte que l'aspect social - pression sociale, familiale etc - est toujours en arrière fond chez moi. le problème ne vient peut-être pas de moi (culpabilité) mais d'être écartelé entre les demandes des autres, voir leur exigences (un passé qui n'a plus lieu d'être, mais la crainte est toujours là, le sentiment de victimisation peut se redéclencher a tout moment). il y a une sorte d'immaturité émotionnelle chez moi, une faille dans laquelle tout le monde s'est engouffré. j'ai répondu a tout les désirs des autres dans une sorte de mimétisme, jusqu'à ne plus savoir très bien qui je suis : j'ai perdu le "sens" de mon identité, et du coup j'ai perdu la chose la plus importante : le mot, la capacité a exprimer, affirmer qui on est.
j'ai l'impression depuis pas mal d'années, qu'il n'y a personne à l'intérieur de moi. le tramadol me permettait de m'accomoder avec ce sentiment "factice" de vide, de m'en détacher. et me remettre a accepter les informations extérieurs, m'engager un peu plus dans le "réel"...
je sais pas si je suis très clair.... un peu long surement
j'espère avoir des témoignages de gens dépendant au tramadol.. mais c'est vrai qu'une fois qu'on y a gouté c'est très dur de s'en passer, la tentation est là puisque ça résout tellement de problème... mais il est surement plus important de savoir de quoi et pourquoi on souffre, et quelle est cette chose ou ce problème qui nous écrase au quotidien... ne pas se voir soi-même comme un problème mais peut-être voir autour de nous ce qui peut nous plomber, nous intoxiquer (sans forcément condamner les autres a notre tour!)... cette excès de "pesanteur" ne provient pas forcément de nous-même...